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L’argumentaire autour de la remobilisation ou non de l’Armée d’Haïti: une étude d’un corpus de 10 articles journalistiques datant de 2011

Photo : www.radiotelevisioncaraibes.com

Par Ethson Otilien

Fait à Besançon, le 13 décembre 2011

Liminaire

Cette étude a été présentée dans le cadre d’un travail académique en décembre 2011 à l’Université de Besançon. Nous avons sélectionné un corpus de dix articles publiés dans quatre (journaux) quotidiens et hebdomadaires haïtiens comme échantillon pour analyser l’argumentaire en faveur ou contre la remobilisation de l’Armée d’Haïti (sous la présidence de Miche J. Martely). Nous avons jugé nécessaire de publier ce travail d’étude par rapport au contexte actuel où le président Jovenel Moïse et son équipe s’activent à remobiliser officiellement l’Armée d’Haïti ce dix-huit (18) novembre (2017), 214e anniversaire de la Bataille de Vertières. Toutefois, cette étude doit être prise avec les limites qu’elle comporte puisqu’il manque un équilibre dans le choix des articles du fait que ces quatre journaux ne s’intéressent pas au même niveau au sujet (remobilisation de l’armée ou pas) et du fait qu’il s’agit de quotidiens et d’hebdomadaires. Du coup, on n’a pas pu trouver assez d’articles sur ce sujet dans Le Nouvelliste, dans Haïti Liberté mais surtout dans Haïti en Marche.

 

Présentation des journaux

  1. Le Nouvelliste, journal indépendant d’information générale, fondé en 1898 par Guillaume Chéraquit, est le plus ancien quotidien d’Haïti. Publié généralement en français, il a le plus large lectorat et s’est ouvert à la modernité en 2006 en mettant des articles en ligne sur lenouvelliste.com. Sa diffusion est 30.000 exemplaires.

 

  1. Le Matin, journal indépendant également, fondé en 1907 par Clément Magloire est le plus grand concurrent du journal Le Nouvelliste. Il est diffusé sur l’ensemble du territoire haïtien quotidiennement et est disponible sur son site web : http://www.lematinhaiti.com. Il est composé en français avec une rubrique créole. Sa diffusion est de 25.000 exemplaires.

 

3. Haïti Liberté, « est un journal haïtien diffusé à la fois àHaïti, à New York (États-Unis), au Québec et en Europe. Haïti Liberté est un journal hebdomadaire d’information générale. Il met l’accent sur les nouvelles concernant Haïti. D’une sensibilité de gauche et altermondialiste, il mélange les articles d’opinion, les analyses politiques et les brèves internationales. »[1] Il est publié également sur internet sur leur site : http://www.haiti-liberte.com/. Il est très proche des idéologies lavalasiennes (Fanmi Lavalas, parti politique créé par l’ancien président Jean Bertrand Aristide)

 

  1. Haïti en Marche, journal édité à Miami par des journalistes expulsés en 1986 après la chute des Duvalier. «La politique éditoriale du journal est d’être le reflet de l’actualité, avec un accent sur Haïti et les Haïtiens notamment la diaspora haïtienne à travers le monde »[2]. Son site web est le : http://www.haitienmarche.com/

 

  • L’armée d’Haïti, démantèlement et espoir

             La première armée d’Haïti, l’armée indigène, fut constituée essentiellement d’esclaves, d’anciens esclaves et de quelques mulâtres (métisses au temps de la colonisation) au service de la colonie. Mais, en 1789, cette armée, après de nombreuses révoltes d’esclaves dans la colonie, va se donner une nouvelle mission, celle de libérer les esclaves du joug français et de proclamer l’indépendance de l’Île. C’est ainsi qu’après la mort de Toussaint Louverture, Dessalines prend la tête du commandement de cette armée et proclame le 1er janvier 1804, la liberté et l’indépendance du Nouvel État : la République d’Haïti, après bien des combats avec les troupes de l’armée française.

Plus tard, dans son histoire, le pays connaitra des années d’instabilités, quatre présidents en deux, ce qui provoquera, le débarquement des forces militaires états-uniennes en juillet 1915, et son occupation. Après maintes révoltes et tentatives de révolte (celle de Charlemagne Péralte, et d’autres), les forces d’occupation décident de quitter le pays, mais avant de partir, ils forment la « Garde Nationale » composée d’Haïtiens pour assurer la relève après leur départ en 1934.

Après cela, quand l’officier américain, Vogel, devait remettre le commandement de la nouvelle armée au premier commandant Haïtien Demosthène Calixte, il tenait ces paroles que nous citons : « Je vous remets la Garde d’Haïti, dit-il, avec elle vous pouvez faire beaucoup de bien, et vous pouvez faire aussi beaucoup de mal ». Plus d’une décennie par la suite, la nouvelle force va être mêlée à de plusieurs coups d’état, ceux notamment contre les présidents Sténio Vincent, Elie Lescot, et bien plus tard encore contre Jean Bertrand Aristide le 30 septembre 1991, qui résolut après son retour d’exil de dissoudre cette armée par un arrêté présidentiel en 1995.

Depuis lors, les questions sur l’importance de l’armée et de sa remobilisation dans le développement et la sécurité du pays font taches d’huile parmi les politiques et dans les médias animent le débat. Cependant, avec l’arrivée du nouveau président Michel Martelly à la tête du pays, cette question revient l’une des principales préoccupations du débat public. C’était aussi un des points de sa campagne électorale, même si cette idée ne fait pas l’unanimité. Nous nous proposons d’analyser un corpus d’articles, de différents genres triés dans quatre journaux du pays pour mettre en évidence les différentes stratégies argumentatives que ces journaux utilisent pour soutenir et défendre leur position. C’est-à-dire, quels procédés argumentatifs ils utilisent pour montrer leur opposition ou non à la reconstitution de l’armée d’Haïti ? Nous allons présenter chaque article et en faire l’analyse argumentative et après nous ferons une grande synthèse pour notre conclusion pour indiquer la position de chaque journal sur la question.

Nouvelliste (2), Le Matin (4), Haïti Liberté (3), Haïti en Marche (1)

 

  • Présentation, synthèse et analyse des articles choisis
  1. 1. Péritexte :
  • Surtitre : 0
  • Titre : « Sur le projet de reconstitution de l’Armée »
  • Sous-titre : 0
  • Chapeau : « Je viens de prendre connaissance d’un dossier sur le projet de reconstitution de l’Armée d’Haïti. Il laisse au moins espérer que les choses commenceront bientôt à bouger, dans le cadre de l’action du nouveau gouvernement ».
  • In Le Matin, 30/09/2011, écrit par Teddy Thomas

a.2. Genre : Amalgame commentaire et critique

a.3. Synthèse : L’auteur de cet article souligne avant tout  les commentaires des « détracteurs de l’Armée d’Haïti » qui circulaient avant la parution d’un dossier sur la reconstitution de  cette armée et les invite à répondre aux questions liées au régime des Duvalier, la démobilisation de l’armée face à l’institution de la démocratie à Haïti et souscris à l’idée de reconstituer celle-ci « dans un programme axé sur ce qu’elle peut apporter de constructif ».

a.4. Etude argumentative

L’analyse que nous allons faire met en évidence la stratégie développée par l’auteur de l’article pour convaincre son lectorat de sa position, ou de la position du journal qu’il représente.

a.4.1. Thèse soutenue : La reconstitution de l’armée et sa participation dans les travaux de développement

a.4.2. Stratégie argumentative :

  • Inscription du scripteur dans son texte et donc prise en charge
  • Le scripteur s’inscrit dans son discours par des procédés énonciatifs : « je », « ma »
  • Au moyen d’un lexique dévalorisant l’opinion de ses antagonistes : « vision étroite»
  • Figuration

Il utilise les figures pour mieux amplifier son discours : « coup de grâce », « l’arbre qui cache la forêt » = un détail qui empêche de voir toute l’ampleur d’un phénomène, « ils continuent de regarder le phénomène à travers leur lucarne » = ils ne perçoivent pas l’ampleur du phénomène.

  • Dans le texte, il y a une isotopie, un réseau d’expressions pour dire la même chose. C’est en quelque sorte une répétition, un martèlement, pour dénoncer ses antagonistes de s’asseoir trop sur des détails qui leur empêchent de faire une analyse rigoureuse du problème. (voir le point précédent).
  • Dénonciation : le scripteur dénonce les mauvaises raisons qu’ont ses antagonistes de ne pas vouloir de l’armée en citant des faits avérés. De plus, il anticipe, en disant que personne « ne conteste » ces faits.
  • Pour corroborer ses propos concernant la reconstitution de l’armée, il propose que celle-ci se fasse dans « un programme axé sur ce qu’elle peut apporter de constructif (…)». Ce programme doit fixer de nouvelles règles afin d’éviter les débordements de cette institution.
  • Le dernier argument se base sur l’union de l’armée et du peuple : « un lien biologique » tout en rappelant que « l’armée a forgé cette nation », un fait historique.

 

  1. 1. Péritexte :
  • Surtitre : 0
  • Titre : « Une Armée pro-américaine sur un format stalinien ! »
  • Sous-titre : 0
  • Chapeau : 0
  • In Haïti en marche, 30/09/2011, écrit par (Signataire : Haïti en marche)

b.2. Genre : c’est un article critique très proche de la satire

b.3. Synthèse : Le projet de la reconstitution de l’Armée d’Haïti est sévèrement critiqué puis assimilé à un projet de fous visant à faire plaisir aux USA. Mais, la forme qu’elle revêtirait ressemble au format stalinien.

b.4.1. Thèse soutenue : La nouvelle force armée de Martelly sera beaucoup plus au service de Etats-Unis qu’au peuple haïtien.

b.4.2. Stratégie argumentative :

  • Citation d’autorité: « La guerre est une chose trop grave pour être confiée à des militaires » Georges Clémenceau.
  • Parallèle et comparaison entre la citation et la thèse du scripteur : « L’armée est également une question trop grave pour être laissée aux premiers anciens militaires venus ».
  • Figuralité

Métaphore : « (…) dont Haïti pourrait constituer une sorte de ‘laboratoire’, un Dr Caligari, un tribunal de l’Inquisition … ». Une petite précision sur le cabinet du Dr Caligari « Le Cabinet du docteur Caligari (Das Cabinet des Doktor Caligari) est un film expressionniste et muet allemand de Robert Wiene sorti en salles en1920. »

C’est un cabinet psychiatrique où l’on soigne les personnes qui ont des troubles mentaux. Le docteur Caligari est un charlatan qui profite de la situation de ses patients pour faire de l’argent. Il a présenté à une fête foraine un de ses patients Cesare qu’il prétend avoir le don de prédire, etc..

Cette allusion met le gouvernement dans une position de charlatan qui, de fort mauvaise manière, essaie d’administrer de mauvaises solutions aux problèmes du pays.

  • Vocabulaire appréciatif :
  • A valeur négative : « conjoncture pro-anarchique», « blabla obligatoire », « le plus sanglant », « torturait », « police politique », « autoritaristes », radicales », « réactionnaires », « fanatiques d’un nouvel ordre », « extravagance », « …cette description aussi minutieuse que dingue d’un Etat policier… »
  • L’accusation : « c’est le SIN [service d’intelligence nationale] qui est à l’origine du coup d’Etat militaire… »
  • Référence auctoriale: « New York Times »
  • Références événementielles : « le quartier général du SIN se logeait aux Casernes Dessalines. Là où l’on torturait les prisonniers politiques … »
  • Comparaison entre objectifs du projet et la réalité d’Haïti : objectifs : « prévenir et lutter contre le terrorisme » et question de mémoire collective : « Quelle est la dernière fois qu’un acte terroriste a été commis ou que des terroristes ont été dénoncés en Haïti ? »
  • Parallèle et allusion : terroristes ou prétendus terroristes ? différence entre considérer quelqu’un comme terroriste et ce qu’il est vraiment. Pour cela le scripteur cite des faits qui remontent à la colonisation. « (…) le colon français devait sans doute considérer l’esclave révolté, les Boukman, Makandal et Zabeth [trois esclaves qui ont été à la tête de plusieurs révoltes dans la colonie de Saint-Domingue (Haïti à l’époque)] comme des terroristes.
  • Valeurs (Souveraineté) et Dénonciation : Idéal valorisé mis en avant comme couverture vs vrai objectif de l’équipe du président : « Au fond les auteurs dudit projet et stratèges du président Martelly – en défense et sécurité nationale – semblent se fichent d’Haïti (et de sa ‘souveraineté nationale’) … »
  • Valeur (Liberté d’expression) et constitution : « Faut-il rappeler que la liberté d’expression est garantie par l’article 28-2 de la Constitution … »

 

  1. 1. Péritexte :
  • Surtitre : 0
  • Titre : « Mirlande Manigat se dit favorable à une force armée, mais spécialisée »
  • Sous-titre : 0
  • Chapeau : « La secrétaire générale du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP), Mirlande Manigat, réagissant sur le projet de la nouvelle force nationale proposée par le président Michel Martelly, a affirmé que l’Armée d’Haïti existe toujours sur le plan juridique et s’est dit favorable à la démarche visant à la remettre sur pied. « Mais elle doit être une force armée professionnalisée », a-t-elle précisé ».
  • In Le Nouvelliste, 5 octobre 2011, écrit par John Smith Sanon

c.2. Genre : Compte rendu

c.3. Synthèse : Madame Manigat, secrétaire général du parti RDNP affirme être d’accord avec la remobilisation de la force armée d’Haïti, mais plaide pour une force professionnalisée.

c.4.1. Thèse soutenue : pas clairement défini, mais nous lire entre les lignes

c.4.2. Stratégie argumentative :

  • Le texte est construit dans la forme d’un compte rendu à double voix, celle du scripteur qui rapporte les propos de la secrétaire générale du parti politique RDNP, et celle de cette dernière.

Du fait que ce discours n’est opposé à aucun autre qui soit antagonique ou même de même point de vue montre que les paroles de la secrétaire est prise pour argent comptant. Ces paroles ne sont à la limite pas commenter.

Donc, ce sont des paroles d’autorité qui ont valeur de vérité.

Les verbes de parole qu’il utilise pour rapporter les propos de Mme Manigat laisse entrevoir cela : affirmer (utilisé plus de trois fois), ajouter, souligner.

 

  1. 1. Péritexte
  • Surtitre : 0
  • Titre : « Remobisation de l’armée : l’international encore réticent »
  • Sous-titre : 0
  • Chapeau : « Michel Martelly veut une alternative au départ de la mission onusienne en Haïti (Minustah). Il compte pour cela remobiliser l’armée d’Haïti. Cette initiative nécessite l’apport de l’international. Mais les pays amis d’Haïti se montrent plutôt favorable au renforcement de la police nationale ».
  • In Le Matin, 7 octobre 2011, écrit par Jose Flecher

d.2. Genre : Commentaire

d.3. Synthèse : L’implication de l’international dans la sécurité et la défense d’Haïti, entre Minustah, Police nationale et l’armée d’Haïti. « La stabilisation d’un pays réside  dans sa capacité à prendre en charge la défense de son territoire et la sécurité de ses citoyens ».

d.4.1 Thèse soutenue : « (…) la meilleure formule de stabilisation d’un pays réside dans sa capacité à prendre en charge la défense de son territoire et la sécurité de ses citoyens ».

d.4.2. Stratégie argumentative

  • Dans la première phrase le scripteur évoque une tâche confiée à la Police nationale qui devrait être dévolue à l’armée et mentionne le facteur temps « longtemps ». Donc, opposition rôle vs pas rôle, armée vs police. En effet, pour le scripteur ce n’est pas normal d’attribuer à la police le rôle de l’armée. De plus, cette anormalité a duré « longtemps ». Donc, son argument se base sur deux plans : le rôle et le temps.
  • Nécessité de la Minustah (force onusienne de stabilisation) et son devoir de partir parce que force étrangère sur le sol d’un Etat souverain. Et donc parallèlement, besoin d’une force nationale pour assurer la relève.

Le scripteur fait appel au bon sens de son lectorat pour comprendre sa démarche.

  • Evocation de la position du chef d’Etat, avec l’expression « comme il l’a toujours défendu ».
  • L’anticipation : Il évoque le prix à payer pour avoir l’armée et en même temps assure la prise en charge du coût par les pays amis d’Haïti qu’il cite nommément dans l’article.
  • Dans le dernier paraphe il prend position clairement en énonçant un fait à valeur de vérité générale : « (…) la meilleure formule de stabilisation d’un pays réside dans sa capacité à prendre en charge la défense de son territoire et la sécurité de ses citoyens ».

 

  1. 1. Péritexte
  • Surtitre : 0
  • Titre : « L’Armée d’Haïti : les démocrates ne chantent pas à l’unisson »
  • Sous-titre : 0
  • Chapeau : « L’idée du président Michel Martelly de mobiliser, aux mois d’octobre et de novembre prochains, 3 500 hommes afin de remettre sur pied une nouvelle force armée fait couler beaucoup d’encre et de salive, tant en Haïti qu’à l’étranger ».
  • In Le Matin, 7 octobre 2011, écrit par James Dufresne

e.2. Genre : Reportage

e.3. Synthèse : Les opinions divergent quand il s’agit de la protection du territoire national certains comme René Civil, leader de du parti JPP, n’est pas pour une force armée budgétivore, mais le renforcement de la Police nationale ; d’autres comme Mirlande Manigat du parti RDNP, Edgard Leblanc ex-patron de l’OPL, Turneb Delpé, leader du PNDPH optent pour une force armée quitte à redéfinir sa mission.

e.4.1. Thèse soutenue : La thèse n’est pas du tout explicite mais, la composition du texte montre quand même que le scripteur n’est pas contre le rétablissement de l’armée.

e.4.2. Stratégie d’argumentation :

  • Le texte est composé sur une opposition discursive. Le discours du « secteur populaire proche de Lavalas [Parti politique] » est mis vis-à-vis des discours d’autres secteurs dont les propos sont unanimes à la formation d’une armée mais avec des considérations différentes. Il y a une seule voix pour le secteur populaire proche de la Fanmi Lavalas contrairement aux secteurs qui veulent le rétablissement de l’armée. En tout cas, implicitement, la représentativité est mise en jeu dans cet article.
  • Le mot « se venger » utiliser dans le dernier paragraphe pour qualifier l’action de l’ancien chef d’Etat Jean Bertrand Aristide est moralement négatif pour la personnalité du président. En tout cas, « se venger » veut dire que le président manque cette qualité morale qu’on appelle le pardon. On peut même prendre cette action comme une faiblesse chez l’homme.

 

  1. 1. Péritexte
  • Surtitre : 0
  • Titre : « Suspicion, crainte, préoccupation »
  • Sous-titre :0
  • Chapeau : « L’idée de la création d’une force militaire de 3 500 soldats que le chef de l’Etat a présentée à la communauté internationale a soulevé bien des questions dans divers secteurs de la société. Ce serait une milice gouvernementale, de l’avis du sénateur Jean William Jeanty. Cela devrait se faire sur la base d’un consensus national, et il n’est pas normal que Michel Martelly ait tenu à l’écart le Parlement et la population, a renchéri Antonal Mortimé, secrétaire exécutif de la POHDH. Favorable à la création d’une force armée, Evans Paul de l’Alternative croit qu’il y a un amalgame dans le plan du président ».
  • In Le Nouvelliste, 30 septembre 2011, écrit par Robenson Geffrard

f.2. Genre : Reportage

f.3. Synthèse : le reportage met en évidence la crainte d’un militant des droits humains et d’un militant politique. Pour Mortimé, ce serait « une milice gouvernementale » de POHDH, et Evans Paul de l’Alternative qui soutient le retour des forces armées d’Haïti mais s’inquiète par rapport au service d’intelligence nationale qui pourrait être utilisé par le gouvernement pour espionner les citoyens.

f.4.1. Thèse soutenue : La crainte et l’inquiétude des acteurs sociaux et politiques dans le projet de la reconstitution de l’armée

f.4.2. Stratégie argumentative :

  • Construction d’une opposition avec le terme « mais » : le plan du « président » vs l’opinion publique.
  • Discours rapporté (discours direct) à valeur d’autorité (Spécialiste des droits humains, acteurs politiques) : « Dans ce pays…Jean Bertrand Aristide » ; «  Il y a un amalgame…de l’extérieur » ; « Aucune armée nationale ne pourra empêcher les militaires américains de fouler le sol national » ; etc.

 

  1. 1. Péritexte
  • Surtitre : 0
  • Titre : « L’armée d’Haïti : pour la vérité et pour l’histoire faisons triompher le bon sens »
  • Sous-titre : 0
  • Chapeau : « Bien de choses ont été dites et écrites depuis une quinzaine d’années sur la question de l’Armée d’Haïti. Bien de débats souvent caractérisés par l’absence totale de méthodologie et l’incompréhension mutuelle ont été menés ».
  • In Le Matin, 14 octobre 2011, écrit par Renald Lubérice

g.2. Genre : Analyse

g.3. Synthèse : Ceux qui disent n’ont pas besoin d’armée en Haïti se basent sur deux postulats, premièrement : l’armée est anti-démocratique ; deuxièmement : Haïti est un pays pauvre. L’auteur montre qu’il n’y a pas de causalité entre la « non-institution » de la démocratie en Haïti et l’existence de l’armée et que c’est aux Haïtiens de donner une structure et une orientation à l’institution pour qu’elle ne dévie pas de sa « trajectoire initiale ».

 

  1. 1. Péritexte
  • Surtitre : 0
  • Titre : « 30 septembre 1991 – 30 septembre 2011 : 20 ans après le peuple dit NON à l’armée criminelle !
  • Sous-titre : 0
  • Chapeau : 0
  • In Haïti Liberté, du 5 au 11 octobre 2011, écrit par Pierre Junior Dessalines

h.2.Genre : Amalgame de reportage, de satire, et commentaire

h.3. Synthèse : Après 20 ans, les organisations de base de la Fanmi Lavalas ont manifesté pour dire non à la « résurrection de l’armée », non aux coups d’Etat.

g.4.1. Thèse soutenue : Non au retour de l’armée

g.4.2. Stratégie argumentative :

  • Lexique appréciative : – le scripteur utilise beaucoup de mots à valeur négative pour qualifier l’ancienne force armée et ses actions : « Coup d’Etat criminel, sanguinaire»,  « l’armée sanguinaire », « non à une autre armée criminelle ». Le scripteur assimile déjà le rétablissement de l’armée au retour des actes de violences, les sévices qu’a commis l’ancienne force. Il manifeste son hostilité clairement à une nouvelle force armée.
  • vocabulaires mélioratifs : « leader charismatique et historique» pour qualifier l’ex-président qu’il défend.
  • Evocation de faits historiques: « président démocratique et constitutionnellement élu »
  • Evocation de chiffres : l’évocation de chiffres permet au scripteur de convaincre au mieux son lectorat. En disant « des milliers de personnes », « 400 mille habitants », il veut montrer que ses propos ne sont pas à prendre à la légère qu’ils sont basés sur des chiffres.
  • Discours rapporté : Ces discours ont valeur de témoignages. Témoignages issus des couches les plus défavorisées, des organisations populaires, des plus grands banlieues de la capitale, en l’occurrence « Bel-Air » et « Cité-Soleil ».

« Mas popilè Fanmi Lavalas… », « Abas Coup d’Etat… », « Vive Aristide… », « Nous sommes les habitants de Cité-Soleil… », « l’armée ‘san manman [orpheline de mère : signifie quelqu’un qui agit sans pitié]… », etc.

  • En dernier lieu, le scripteur exprime clairement sa position « Non à une armée criminelle ».

 

 

  1. 1. Péritexte
  • Surtitre : 0
  • Titre : «  Vers une armée de répression contre le peuple »
  • Sous-titre : 0
  • Chapeau : 0
  • In Haïti Liberté, du 5 au 11 octobre 2011, écrit par Thomas Péralte

i.2. Genre : Amalgame de critique et de reportage

  1. 3. Synthèse : Le projet de reconstitution de l’armée du président Michel Martelly est un projet de formation de corps de milices politiques au service du pouvoir pour réprimer le peuple haïtien ou « les plus défavorisés » comme par le passé.

i.4.1. Thèse soutenue : La nouvelle force armée sera une institution étatique répressive contre les masses défavorisées à l’image de l’ancienne force.

i.4.2. Stratégie argumentative :

  • Evocation des faits : « la formation d’un Corps de milices politiques au service du président doit rappeler au peuple haïtien le décret émis par François Duvalier… », « des gens se souviennent des moments noirs… des familles exécutées, des personnes estropiées …», etc. Dans cet article, l’armée est assimilée à une milice politique.
  • Opposition de l’intérêt des « milliers de victimes » du Coup d’ Etat et celui des militaires démobilisés. Réparation pour les anciens militaires (15 millions de dollars) et rien pour les milliers de victimes qui continuent à réclamer « justice ».
  • Témoignages : Le scripteur met en valeur dans l’article les témoignages : un critique, un simple citoyen, une ex-candidate et en même temps ex-première dame, les secteurs ouvriers et paysans, les organisations, etc. « Je suis contre le retour de l’armée … », « Martelly propose l’armée comme solution aux problèmes de sécurité en Haïti… », « maintenant, il faut se poser la question fondamentale, est-ce que pour la sécurité des citoyens, nous avons besoin d’une force armée qui soit différente … »

 

  1. 1. Péritexte
  • Surtitre : 0
  • Titre : «  Faut-il une nouvelle force armée en Haïti »
  • Sous-titre : 0
  • Chapeau : 0
  • Photo + légende
  • In Haïti Liberté, du 5 au 11 octobre 2011, écrit par Catherine Charlemagne

j.2. Genre : Analyse

j.3. Synthèse : Selon l’article, si l’Armée d’Haïti n’a pas su être à la hauteur de sa mission qui est de protéger l’intégrité du territoire, elle inspirait la crainte aux éventuels actes de délinquance. En revanche, l’article ne préconise pas une réponse une solution ou une réponse à la question « Faut-il une nouvelle force armée ? », elle laisse aux autorités politiques haïtiennes le soin de prendre la décision.

j.4.1. Thèse soutenue : c’est aux autorités haïtiennes politiques haïtiennes qu’il appartient de décider soit d’une force armée soit de renforcer la Police nationale.

j.4.2. Stratégie argumentative :

  • Opposition entre événement urgent (la rentrée scolaire 2011) et le projet de rétablissement de l’armée. Apparemment, ce dernier n’est pas trop urgent pour le scripteur par rapport à la rentrée des classes. En tout cas, c’est ce que laisse supposer cette opposition.
  • Questions rhétoriques : « (…) le vrai problème, n’est ni une nouvelle armée ni une force de police renforcée. La vraie question est ce que les pouvoirs publics comptent y faire. Sera-t-elle une armée citoyenne au service du développement durable et nationale ? Ces forces armées ne seront-elles pas détournées de leur mission qu’est la protection de l’intégrité du territoire ? ».
  • « Les Haïtiens ne sont-ils pas les premiers concernés ? »
  • Figuralité :
  • Métaphore : en parlant de l’armée, le scripteur dit « cette machine à tuer ». Figure très marquée négativement.
  • Représentativité : «(…) la quasi-totalité des Haïtiens avaient applaudi cette décision », il n’y a pas grand monde pour pleurer l’absence de cet ancien corps répressif.
  • « …n’avait ému personne… », «… tout le monde… », « … une quantité négligeable … »
  • Vocabulaire appréciatif : « police politique » possède une connotation négative.
  • « … ses comportements anti-démocratiques… »
  • Particule négative temporelle : « jamais » dans « (Jamais, (…) cette Garde [qui est devenue plus tard la force armée d’Haïti] (…) n’aura eu une quelconque utilité pour la collectivité nationale ».
  • Négation et idéologie ou idéal valorisé : « des gens qui n’avaient pas été préparés pour servir dans une société en voie de démocratisation».
  • Inscription/ implication et du scripteur et du tiers parlant et donc pris à témoin : « Nous avons lu… », « On y a relevé trop de confusions… »

 

Synthèse générale :

Nous avons présenté et analyser un corpus d’une dizaine d’articles, de longueur différente, de journaux différents. Le plus gros défaut de cette analyse réside surtout dans la non-proportionnalité des articles analysés, certains courts, certains longs et le fait que nous n’avons pas pu réunir une quantité fixe pour chaque journal. Mais ce défaut n’enlève rien à la rigueur de l’analyse. Nous nous sommes inspirés des grands principes d’analyse argumentative énoncés par Perelman que nous trouvons dans son livre « Traité de l’argumentation : La nouvelle rhétorique, avec Lucie Olbrechts-Tyteca, Bruxelles, Editions de l’Université de Bruxelles, 2009 ».

Tous les articles du corpus indépendamment du journal qu’il provient utilisent tous presque les mêmes procédés rhétoriques. Sauf que certains peuvent utiliser un procédé beaucoup plus qu’un autre dépendamment de l’objectif de l’article et de sa prise de position par rapport à l’avènement d’une nouvelle force armée. On peut citer la figuralité : métaphore et comparaison ; Inscription et implication du scripteur et du tiers-parlant ; Représentativité ; Questions rhétoriques ; Opposition ; Vocabulaire appréciatif (Mélioratif et péjoratif) ; évocation des faits ; Citation d’autorité ; Références auctoriales et événementielles ; témoignages (qui constituent un des procédés d’argumentation les plus utilisés dans les articles) ; l’Opposition, etc.

Notre analyse nous a permis de montrer que dans les journaux :

  • Le Nouvelliste

Tous les articles qui traitent du projet de reconstitution de l’armée traitent le côté positif de ce projet même s’ils admettent des fois les exactions de l’ancienne force armée. Mais laissent entendre que même s’il y a eu des dérives, ce n’est pas une raison de ne pas recommencer et même redéfinir les objectifs de l’armée et fixer les limites d’action de celle-ci.

  • Le Matin

La position de celui-ci n’est  pas différente du journal Le nouvelliste. Il est pour une force qui servira à défendre et sécuriser le territoire national.

  • Haïti en marche

Avec une position toute à fait différente. Il dénonce les exactions de l’ancienne force armée. Il assimile le projet de reconstitution de l’armée à un projet de formation de milices au service de la politique et donc contre le peuple.

  • Haïti Liberté

Il a la même position que le journal Haïti Liberté. Il se réfère toujours à l’histoire, ou au passé historique peu glorieux de l’armée pour dissuader son lectorat en faveur de toute tentative de rétablissement de la force  armée. Il considère que le projet presqu’individuel parce que le parlement et le peuple est écarté de cette décision.

Enfin, nous concluons que ce n’est pas surtout la position du journal qui détermine son choix pour tel procédé d’argumentation qui sera dominant ou pas, mais c’est l’objectif de l’article qui détermine le choix : critiquer, rapporter, commenter, etc.

 

[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Ha%C3%AFti_Libert%C3%A9 (date 25/10/2011)

[2] http://fr.wikipedia.org/wiki/Ha%C3%AFti_en_Marche (date 25/10/2011)

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