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Un symposium pour discuter d’Haïti, de la CARICOM et de la Caraïbe

Par Ethson Otilien

ethsotilien@gmail.com

Professeur FASCH / UEH

Le vendredi 23 février 2018, le Centre Challenges (Centre de consultations et d’études spécialisées en sciences humaines et sociales) a organisé un Symposium autour du thème « HAITI, LA CARICOM ET LA CARAIBE ». Ce symposium, qui s’est déroulé à la Faculté de médecine et de pharmacie de l’Université d’État d’Haïti, a réuni des personnalités politiques, des professeurs d’université, des étudiants, des journalistes et des représentants de la société civile.

Publié le 2018-02-27 | Le Nouvelliste

Le symposium s’est déroulé dans le contexte de la présidence tournante d’Haïti de la CARICOM et en prélude à la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CARICOM qui aura lieu à Port-au-Prince les 26 et 27 février 2018. Pour la circonstance, le Centre Challenges a réuni une brochette de 6 personnalités comme panélistes, dont Mme Mirlande Manigat, docteur en sciences politiques, professeur à l’Université Quisqueya ; Chenet St-Vil, coordonnateur général du BACOZ (Bureau de coordination et de suivi des accords CARICOM, OMC et ZLEA) ; Daniel Elie, consultant pour les questions d’intégration économique ; Patrick Saint-Pré, journaliste économique au journal Le Nouvelliste ; Dr Watson Denis, professeur d’histoire et de relations internationales à l’Université d’État d’Haïti (UEH).

Le symposium a débuté avec les propos du directeur exécutif du Centre Challenges, le professeur Watson Denis. Dans son intervention, il a placé l’événement du jour dans son contexte : offrir un espace de débat aux universitaires et institutions de la société civile en vue de discuter de l’intégration d’’Haïti au sein de la CARICOM et des enjeux autour du mouvement d’intégration de la CARICOM. Par ailleurs, il a déclaré que « du point d’ancrage politique et d’espace géographique, Haïti a désormais une destinée commune avec la CARICOM ».

Par la suite, les membres du panel ont tour à tour fait leur présentation, qui a été suivie à chaque fois par des séances de discussion. D’abord, la professeure Manigat présentait les différentes tentatives d’Haïti de faire partie de la CARICOM. En ce moment-là, les objectifs de la diplomatie haïtienne étaient situés à quatre niveaux: 1) un besoin de reconnaissance internationale ; 2) une opportunité conjoncturelle ; 3) un intérêt stratégique ; 4) la volonté internationale. À cette époque, plus précisément en 1974, le président-dictateur Jean-Claude Duvalier cherchait une reconnaissance internationale, c’est pour cela que son gouvernement a présenté un dossier de candidature pour être membre de la CARICOM qui a reçu une fin de non-recevoir, car le dossier présentait d’énormes légèretés. Quelques années plus tard, Haïti, une nouvelle fois, a tenté avec un meilleur dossier pour lequel elle a reçu une « chaise de strapotin au lieu d’un siège » à la CARICOM. Un siège d’observateur a été offert à la seule PMA de l’Amérique. En 1997, le président René G. Préval a présenté une nouvelle fois la candidature de Haïti à la Caricom et a pris l’engagement de respecter le processus d’intégration et en 2002, Haïti a été admise comme membre à part entière de cette organisation. Haïti a signé le Traité de Charaguamas et le CSME, toutefois, selon les dires de la professeure, Haïti n’a pas cherché les avantages que la CARICOM peut offrir.

Pour sa part, le consultant Jean-Daniel Élie s’est planché sur le CSME (Marché et économie uniques de la CARICOM. Il a souligné qu’à la fondation de la CARICOM, en 1973, le traité de Charaguamas instituait deux entités : la Communauté de la CARICOM et le Marché commun de la CARICOM. Par ailleurs, en 1989, le traité de Charaguamas a été révisé à une réunion à Grand’Anse, en Grenade, dans le souci de réorienter et de réadapter le mouvement d’intégration. Cela était dû à un besoin de s’aligner sur ce qui se fait au niveau international, notamment au niveau de « l’OMC qui mettait l’accent sur la globalisation des échanges ». Le traité révisé de 2001 mettait en place de nouvelles approches, des régulations, « et à partir de là, on ne va plus parler du Marché commun mais [plutôt] du Marché et de l’économie uniques ».

Ce marché unique qui « est opérationnel depuis 2006 » instituait des régulations nouvelles, des normes nouvelles dans les échanges commerciaux entre les États membres. Haïti, pour participer effectivement au Marché unique, doit mettre en application le tarif extérieur commun, les règles d’origine, les normes de spécification technique et appliquer les normes déjà en vigueur dans la région. Or, le tarif douanier haïtien est très bas par rapport au tarif douanier de la Caricom, donc Haïti doit s’aligner sur le tarif douanier de la CARICOM, ce qui est difficile dans l’état actuel des choses.

Les quatre autres conférenciers ont montré l’importance pour Haïti de s’intégrer ou de mieux s’intégrer au sein de la CARICOM, en particulier dans le Marché et l’économie uniques de la CARICOM. D’une part, Mme Martine Deverson, ancienne ministre et membre du secteur privé, a montré l’importance d’alléger les démarches de déplacement pour les hommes et femmes d’affaires, ce qui permettrait de dynamiser les rapports commerciaux avec les autres États membres. D’autre part, Chenet St-Vil a expliqué le rôle que joue le BACOZ auprès de la CARICOM. De son côté, Patrick Saint-Pré a développé le rôle de la Banque de développement de la Caraïbe (CDB, en anglais) et pourquoi Haïti ne peut pas bénéficier des prêts comme d’autres États membres de la CARICOM. Il a expliqué qu’Haïti est devenue un État insolvable, un pays instable politiquement, elle ne donne aucune garantie de remboursement des prêts bancaires. De ce fait, elle ne bénéficie que de l’assistance de la CDB.

Enfin, le professeur Watson Denis a montré ce qu’Haïti pourra faire pour marquer sa présidence tournante. Selon le professeur, avec la présidence tournante de la CARICOM, Haïti peut jouer un rôle de leadership dans le cadre du multilatéralisme au niveau régional. À ce propos, il a proposé une réunion de CARIFORUM (CARICOM, République dominicaine et Cuba) en Haïti pour démontrer l’ouverture de la diplomatie haïtienne dans les relations internationales. Par ailleurs, le directeur-exécutif du Centre Challenges a souligné que la tenue de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CARICOM à Port-au-Prince donnera un peu de visibilité à Haïti et au-delà d’Haïti et à l’administration Jovenel Moïse. Cette conférence démontre la capacité du pays à accueillir des chefs d’État et de gouvernement de la région des Caraïbes.

Les différentes conférences ont donné lieu à des débats très animés au niveau des panélistes, personnalités, professeurs, étudiants et journalistes qui assistaient au symposium. La présence des professeurs Roosevelt Millard, Ethson Otilien, Jérôme Lacoste, Suze Matthieu ont rehaussé le débat en ajoutant des grains à moudre à celui-ci.

Le symposium a pris fin avec les propos de remerciments du professeur Watson Denis. Il a profité de l’occasion pour annoncer le lancement et la vente-signature de l’ouvrage collectif intitulé Haïti, la CARICOM et la Caraïbe. Questions d’économie politique, d’intégration économique et de relations internationales, paru sous sa direction, le lundi 26 février 2018 à Port-au-Prince.

Ce symposium, qui a rassemblé une soixantaine de participants, parmi eux des étudiants, des professeurs d’université, des politiques, des journalistes, des hommes et femmes d’affaires, mérite d’avoir plus d’écho en Haïti où la plupart des gens ne maîtrisent pas l’enjeu de la diplomatie et de la géopolitique.

 

http://lenouvelliste.com/public/article/183728/un-symposium-pour-discuter-dhaiti-de-la-caricom-et-de-la-caraibe

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